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lettre février 2007

Lettre de la présidente
septembre 2007
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Après un long silence, du à l’absence d’évènements importants, j’ai le plaisir de reprendre contact avec vous pour faire le point sur la situation actuelle.

Nouvelles de l’association :

Nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle marraine en Suisse, Karin, qui parraine une nouvelle filleule de brousse, Fati.
Le mois dernier m’est parvenue la triste nouvelle du décès de notre marraine américaine Joyce. Son parrainage a été repris par son amie Gabi, marraine allemande qui parraine déjà l’un de nos écoliers et toute une famille touarègue à Bagga. Nous lui sommes reconnaissants pour tant de générosité!

Je tiens à adresser un grand, très grand MERCI à notre membre et parrain René Sutter, qui a organisé pour TATIT à Saint-Louis, le 4 février, un concert auquel ont participé les trois chorales LIEDERKRANZ, FLORIVAL et ALLIANCE et qui a connu un beau succès. Merci également à Noëlle et Anne-Marie (membres et marraines) pour leur aide, ainsi qu’à tous les membres et sympathisants qui ont assisté au concert. La recette de 1800 € a été virée au Niger pour l’achat d’animaux pour les familles nomades, dont trois chameaux qui ont été baptisés … du nom des trois chorales !

L’assemblée générale 2007 aura lieu le 9 novembre. Une fois n’est pas coutume, Madou pourra y assister car il sera en France du 16 octobre au 13 novembre. Il se réjouit de revoir, à cette occasion, les membres qu’il connaît et de faire la connaissance de ceux qu’il n’a jamais eu l’occasion de rencontrer.
J’espère pouvoir y présenter le film vidéo que j’ai tourné à Bagga et Tahoua au début de l’année, mais des problèmes d’informatique en retardent pour l’instant le montage.

Nouvelles du Niger

La saison des pluies (hivernage) a tardé à démarrer à Bagga et les familles nomades ne sont parties en transhumances que début juillet, après une longue saison sèche qui a fait craindre un nouveau désastre, autant sur le plan alimentaire qu’en ce qui concerne l’état des troupeaux. Mais par la suite ce sont des trombes d’eau qui se sont régulièrement abattues sur tout le pays, causant des inondations dans de nombreux villages, ainsi que des morts par noyade. Dans beaucoup de régions les famille les plus pauvres subissent encore les conséquences de la pénurie alimentaire de 2005 et leur précarité a empiré avec les intempéries. La situation est particulièrement dramatique dans l’Aïr (dont la capitale, Agadez, est à 450 kms de Tahoua) où la guerre civile rend difficile l’acheminement des secours (terrains minés, rationnement de l’essence, couvre-feu, retrait des ONGs étrangères).

La reprise de la rébellion touarègue dans l’Aïr, sous le nom de MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice) a plongé le pays dans la consternation. Le gouvernement rejette tout dialogue avec les insurgés et met tout en œuvre pour les combattre avec fermeté, ce qui provoque de part et d’autre une escalade des représailles. La population civile en subit, hélas, les conséquences. Aussi de nombreux nomades et villageois fuient cette région, abandonnant animaux et jardins. Dans toutes les villes du pays ont lieu régulièrement des mouvements de protestation contre cette rébellion et la situation de crise qui en découle, et beaucoup de Touareg se sentent menacés.

Bagga

Il a beaucoup plu, et la saison des pluies n’est pas encore terminée. Le nouveau barrage non loin de notre maison a provoqué le débordement de l’oued dont l’eau a recouvert non seulement une partie du jardin, mais également les puits ; elle est même arrivée jusqu’à notre maison …du jamais vu ! Pourtant les dégâts ne sont pas aussi importants que Madou l’avait craint au début. Il a constaté des fissures aux puits mais elles pourront facilement être colmatées.
Le mil a bien poussé dans toute la région, et au nord l’herbe est abondante sur les pâturages. Nos troupeaux sont donc en pleine forme! Quant aux gens, à part les habituelles crises de paludisme et une appendicite opérée avec succès, ils vont tous bien !
Nos deux « électriciens sans frontières » (EsF) se préparaient à partir le 13 novembre avec Madou pour Bagga afin de procéder à l’installation du matériel solaire, les travaux préliminaires à cette installation étant achevés sur place. Malheureusement un différent grave avec la société qui devait envoyer le matériel de France a provoqué l’annulation (justifiée) de la commande qui devait partir début septembre, ce qui contraint nos EsF a chercher un nouveau fournisseur et demander des nouveaux devis…qui tardent à venir. De plus l’un des « électriciens » a vu son congé de novembre supprimé, de sorte que ce voyage devra sans doute être reporté à une date ultérieure.

Tahoua

Nos quatre aînés Djamila, Assa, Mohamed et Ekam ont repassé le BEPC fin juin. Seul Assa l’a obtenu. Néanmoins ils ont tous les quatre décidé de poursuivre quand même leurs études au lycée, mais en changeant d’école. Ils n’iront donc plus au « Cheick Hamdan » à la rentrée.
Il n’y a aucune école professionnelle à Tahoua et les candidats sont obligés d’aller à Niamey, Maradi ou Zinder, ce qui entraîne des frais de pension importants. Cependant plusieurs écoles professionnelles, ainsi qu’une université, sont actuellement en construction à Tahoua et nous espérons qu’elles seront opérationnelles dans deux ou trois ans, quand nos écoliers auront le niveau du bac. Parmi les « jeunes », seule Albacharette retournera encore sur les bancs de l’école primaire. A part elle, tous nos autres écoliers fréquenteront des écoles secondaires à partir de la prochaine rentrée scolaire, en octobre.
Le gouvernement semble avoir fait le « ménage » dans l’Education Nationale, tout au moins en ce qui concerne la corruption et les fraudes, mais beaucoup de problèmes importants demeurent, comme le recrutement, la formation et la rémunération d’enseignants de plus en plus nombreux pour faire face au taux de natalité qui reste l'un des plus élevés du monde.

Mon prochain voyage au Niger aura lieu du 25 janvier au 20 mars 2008 et vous aurez à mon retour, comme d’habitude, un rapport détaillé de mon séjour et de la situation sur place.

Très cordiales salutations à tous !
Danielle Kronenberger-Elhadji